
Revirement majeur dans cette affaire qui avait bouleversé les Québécois...
Le verdict de culpabilité prononcé contre Carl Girouard pour l'attaque au sabre survenue dans le Vieux-Québec lors de la soirée d'Halloween 2020 vient d'être invalidé par la Cour d'appel du Québec.
Le tribunal supérieur a ordonné la tenue d'un second procès, jugeant que le jury n'avait pas reçu les directives appropriées concernant le silence de l'accusé lors de son interrogatoire policier.
Cette décision bouleverse les proches des victimes, qui croyaient avoir tourné la page sur ce drame ayant coûté la vie à deux personnes.
Carl Girouard avait été reconnu coupable en mai 2022 des meurtres avec préméditation de Suzanne Clermont et François Duchesne, en plus de cinq tentatives de meurtre. Son avocat, Me Pierre Gagnon, avait contesté le verdict en appel, arguant que les directives finales du juge Richard Grenier avaient exercé une influence injuste sur les membres du jury.

Le nœud du problème résidait dans l'absence d'instructions claires quant à l'exercice par l'accusé de son droit de garder le silence pendant 5 heures et 30 minutes d'interrogatoire policier.
Selon les trois magistrats ayant étudié le dossier, les jurés auraient dû être explicitement informés qu'ils ne pouvaient tirer aucune conclusion, favorable ou défavorable, de ce mutisme.
Le juge Martin Vauclair a souligné dans la décision qu'il était vraisemblable que le jury ait perçu ce silence comme un élément pertinent, sans toutefois avoir jamais été guidé sur la manière de l'interpréter pour trancher les questions qui lui étaient posées. Une instruction donnée en cours de procès avait bien abordé le sujet, mais la Cour d'appel l'a qualifiée d'«incomplète» et de «source de confusion».
La défense reprochait notamment au ministère public d'avoir mis l'accent sur la décision de Girouard de ne pas collaborer avec les enquêteurs afin d'appuyer sa thèse selon laquelle l'accusé ne souffrait pas de troubles mentaux.

L'expert retenu par la poursuite, Sylvain Faucher, estimait que l'homme, qui a célébré ses 30 ans récemment, était animé par un «fantasme malveillant» et une quête narcissique de vengeance envers la société.
La juge Suzanne Gagné a toutefois tranché que l'exercice du droit au silence ne pouvait juridiquement servir de preuve d'une conscience de culpabilité ni démontrer que l'accusé savait que ses gestes étaient répréhensibles.
Lors du premier procès, deux visions diamétralement opposées de l'état mental de Girouard s'étaient affrontées.
D'un côté, le psychiatre de la défense, le Dr Gilles Chamberland, soutenait que l'accusé était atteint de schizophrénie. Selon lui, une partie de la personnalité de Girouard — l'un des «deux Carl» — nourrissait depuis longtemps des visions dans lesquelles il tuait des gens. C'est cette facette qui aurait pris le dessus le soir du 31 octobre 2020, lorsqu'il s'est armé d'un sabre japonais pour semer la terreur dans les rues du quartier historique de Québec.
De l'autre côté, la poursuite contestait cette lecture en s'appuyant notamment sur la capacité de l'accusé à suivre des consignes, comme celle de ne pas parler à la police. Me Pierre Gagnon avait rétorqué que le fait de réagir à des consignes n'excluait en rien la présence d'une maladie mentale.

Cette question de la responsabilité criminelle devrait à nouveau occuper une place centrale lors du deuxième procès.
L'annonce de cette décision a provoqué une vive réaction chez les proches des victimes. Jacques Fortin, le conjoint de Suzanne Clermont assassinée ce soir-là, s'est dit outré, affirmant avoir tourné la page et déclarant que cette nouvelle procédure «ne fait pas de sens». Il a rappelé que Girouard lui avait enlevé «l'une des choses qu'il avait de plus précieux dans sa vie».
De son côté, le Bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales a indiqué prendre acte de la décision et procéder à une analyse approfondie de celle-ci, sans vouloir commenter davantage pour le moment.
La date du nouveau procès n'a pas encore été fixée.
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Cet article pourrait avoir été rédigé à l'aide de certains outils d'IA.