
Christine Fréchette la voulait dans son cabinet, mais elle a dit non merci...
Christine Fréchette dévoile ce mardi la composition de son tout premier Conseil des ministres, et les choix de la nouvelle première ministre du Québec envoient des signaux forts.
Alors que le vétéran François Bonnardel, qui avait été évincé par François Legault lors du dernier remaniement, effectue un retour remarqué avec deux responsabilités de poids : l'Immigration et le rôle de leader parlementaire, Geneviève Guilbault, qui a confirmé qu'elle ne se représenterait pas aux prochaines élections, se voit retirer son poste de ministre des Affaires municipales malgré les tentatives de persuasion de la première ministre.
Le retour de François Bonnardel constitue sans doute le geste politique le plus marquant de ce nouveau cabinet.
Le député de Granby, élu pour la première fois en 2007 sous la bannière adéquiste de Mario Dumont avant de rejoindre la CAQ fin 2011, avait soutenu Christine Fréchette durant la course à la direction du parti. Son éviction par François Legault en septembre avait provoqué des tensions internes considérables. En lui confiant l'Immigration — responsabilité auparavant associée au portefeuille de Jean-François Roberge — ainsi que le poste de leader parlementaire retiré à Simon Jolin-Barrette, la première ministre lui témoigne une confiance appuyée.
Du côté des piliers du gouvernement, les principaux titulaires conservent leur poste : Eric Girard demeure aux Finances, France-Élaine Duranceau au Trésor, Sonia Bélanger à la Santé et Sonia LeBel à l'Éducation. Bernard Drainville, rival de Fréchette lors de la course à la chefferie, obtiendrait quant à lui le portefeuille qu'il convoitait, soit l'Économie et l'Énergie.
Lionel Carmant, récemment revenu au sein du caucus caquiste, retrouverait un poste ministériel, vraisemblablement aux Services sociaux, sa réintégration étant facilitée par l'entente de principe conclue lundi avec les médecins spécialistes.
Plusieurs figures quittent toutefois la table du Conseil. Outre Geneviève Guilbault, qui a invoqué des raisons familiales pour maintenir sa décision de retrait de la vie politique. Christine Fréchette a tenté de la faire revenir sur sa décision de quitter la politique afin de rester ministre. Toutefois, Geneviève Guilbault, toujours à l'aise avec son choix, n'a pas voulu changer d'avis.

Jonatan Julien cède les Transports à Benoit Charette. Isabelle Charest et Caroline Proulx, qui ne brigueront pas un nouveau mandat, ne figureraient pas dans le nouveau cabinet. Gilles Bélanger, qui avait fait les manchettes en exprimant des inquiétudes sur le Dossier santé numérique et en menaçant de quitter la CAQ en cas de victoire de Drainville, perd également son siège ministériel, la Cybersécurité et le Numérique passant sous la responsabilité de la présidente du Conseil du trésor.
Christine Fréchette profite de ce remaniement pour intégrer plusieurs nouveaux élus et corriger des déséquilibres régionaux.
À titre d'exemple, Samuel Poulin hérite des Affaires municipales, tandis que Daniel Bernard, député de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, et Catherine Blouin, députée de Bonaventure, permettraient à l'Abitibi-Témiscamingue et à la Gaspésie d'être enfin représentées au cabinet. Le premier serait nommé ministre délégué à l'Économie, la seconde ferait son entrée à la Famille.
Parmi les autres promotions, Karine Boivin-Roy prendrait en charge l'Habitation, Mathieu Lévesque occuperait un tout nouveau poste de ministre délégué aux Régions rattaché aux Affaires municipales, et Kariane Bourassa irait aux Sports. Pascale Déry se dirigerait vers l'Environnement, Jean-François Simard hériterait de l'Emploi et Kateri Champagne Jourdain passerait aux Ressources naturelles.
La première ministre vise un cabinet situé dans la zone paritaire, composé de 40 à 60 % de femmes.
Contrairement à ce que Christine Fréchette avait évoqué durant la course à la direction, il n'y aura pas de cure d'amaigrissement : le cabinet comptera 29 ministres, soit autant que lors du dernier remaniement de François Legault.
Aucun ministre non élu n'y figurera. Rappelons enfin que Christine Fréchette a tenté sans succès de recruter l'ancien dirigeant de Desjardins, Guy Cormier, mais celui-ci avait décliné l'offre.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Il travaille dans le domaine des communications depuis plus d'une dizaine d'années, en plus d'être passionné par tout ce qui concerne les actualités. Autant intéressé par les fluctuations de l'économie que par les histoires loufoques et insolites, sa curiosité fait en sorte qu'il ne s'ennuie jamais.
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