
Donald Trump fait une déclaration controversée sur les Québécois et les Canadiens français
Trump prétend aimer les Canadiens français, mais les faits contredisent largement ses affirmations.
Le président américain Donald Trump a publié mardi matin un message sur son réseau social Truth Social dans lequel il affirme qu'il n'a jamais eu l'intention de s'en prendre à la langue française au Canada. Dans cette déclaration, il qualifie le premier ministre Mark Carney de « faible et inefficace » et prétend que ce dernier aurait fabriqué un mensonge pour obtenir des gains politiques auprès des Québécois. Trump conclut son message en déclarant qu'il « aime les Canadiens français ». Or, cette publication est truffée de faussetés et de tentatives de manipulation, une tactique que le président américain utilise de façon récurrente.
D'abord, contrairement à ce que Trump laisse entendre, Mark Carney n'a rien inventé. Lors de son point de presse du samedi précédent, le premier ministre canadien avait clairement expliqué que l'administration américaine avait tenté d'obtenir des concessions de dernière minute touchant directement la souveraineté canadienne, la protection de la langue française et la culture. Des dispositions législatives portant sur la découvrabilité des contenus canadiens et francophones sur les plateformes numériques auraient bel et bien été dans la mire des négociateurs américains. Il ne s'agit donc pas d'une fabrication politique, mais d'un fait documenté lors des pourparlers commerciaux.
Ensuite, l'affirmation de Trump selon laquelle Carney aurait « complètement perdu » l'appui des Québécois est tout simplement fausse. Un sondage Angus Reid mené les 22 et 23 août auprès de 1468 adultes canadiens démontre exactement le contraire. Au Québec, pas moins de 85 % des répondants approuvent la décision du gouvernement Carney d'avoir mis fin aux négociations avec les États-Unis en refusant les conditions américaines. Il s'agit du taux d'approbation le plus élevé de toutes les provinces canadiennes. À l'échelle nationale, 76 % des Canadiens soutiennent cette posture ferme, et même 53 % des électeurs conservateurs se rangent derrière la stratégie du premier ministre.
Les Québécois et les Canadiens unis derrière Mark Carney
Ce soutien massif n'est pas le fruit du hasard. Comme le soulignent plusieurs experts, le fait que Washington ait ciblé la langue française comme un obstacle commercial a profondément touché les Québécois. Patrick Leblond, professeur à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa, rappelle que s'attaquer au français, c'est toucher à un enjeu fondamentalement politique pour le Québec, une société francophone qui a toujours dû se battre pour exister dans un continent anglophone. Ce geste de défense ferme de la part d'Ottawa résonne profondément avec l'identité québécoise.
La présidente de l'Angus Reid Institute, Shachi Kurl, souligne d'ailleurs qu'il est extrêmement rare qu'un enjeu politique génère des opinions aussi unanimes à travers le pays. Même la province la moins enthousiaste, la Saskatchewan, affiche un taux d'approbation de 65 %. De plus, 69 % des Canadiens estiment que Carney a démontré de la force en faisant échouer les pourparlers, et 62 % jugent appropriée la riposte tarifaire prévue pour le 8 septembre.

Comme à son habitude, Donald Trump tente de semer la division en diffusant de fausses informations. En prétendant que les Québécois ont retiré leur appui à leur premier ministre, il cherche visiblement à fragiliser l'unité canadienne face à la guerre commerciale qu'il a lui-même déclenchée. Cette stratégie de désinformation n'est pas nouvelle. Le président américain s'est d'ailleurs livré depuis lundi à une série d'attaques verbales contre le Canada, allant jusqu'à proposer de renommer le lac Ontario en « lac d'Amérique » et s'engageant dans une guerre de mots avec le premier ministre ontarien Doug Ford.
Malgré les menaces et les tentatives de manipulation, les Canadiens semblent plus unis que jamais. Selon le même sondage, 64 % des répondants croient que le Canada sortira de cette crise « plus fort » qu'au départ, possiblement avec une dépendance réduite envers le géant américain. Mark Carney doit annoncer sous peu des programmes d'aide aux entreprises ainsi que les détails de la riposte commerciale du Canada aux tarifs douaniers américains de 50 % qui frappent environ 28 milliards de dollars de produits canadiens depuis samedi. Les mesures de représailles canadiennes doivent entrer en vigueur le 8 septembre.
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