
La première ministre italienne est vraiment tannée et elle a pris les grands moyens...
La première ministre italienne a publié une image générée par intelligence artificielle qui la montre en sous-vêtement afin de sensibiliser la population aux risques liées à cette technologie.
Les deepfakes à caractère sexuel constituent un fléau grandissant à travers le monde, et même les dirigeants politiques les plus puissants n'y échappent pas. La première ministre italienne Giorgia Meloni vient d'en faire la démonstration en publiant sur X une image générée par intelligence artificielle la montrant en sous-vêtements, afin de sensibiliser l'opinion publique à cette menace.
L'image en question, créée par ce qu'elle qualifie d'«opposants zélés», la montre assise sur un lit en lingerie. Un internaute avait commenté que cette apparence était «honteuse et indigne du rôle institutionnel qu'elle occupe». Avec un certain sens de l'humour, la dirigeante italienne a répondu qu'elle devait reconnaître que les auteurs de ces montages l'avaient «pas mal améliorée» dans ce cas précis.
Mais au-delà de cette touche d'ironie, Meloni a lancé un message d'alerte très sérieux : «Vérifiez avant de croire, et réfléchissez avant de partager. Parce qu'aujourd'hui c'est moi qui suis visée ; demain, cela pourrait arriver à n'importe qui. Les deepfakes sont un outil dangereux, car ils peuvent tromper, manipuler et frapper n'importe qui. Je peux me défendre. Beaucoup d'autres ne le peuvent pas.»
L'Italie a été le premier pays de l'Union européenne à rendre les deepfakes illégaux, adoptant en 2025 une loi interdisant l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le but de nuire à autrui, y compris la création de contenus sexualisés truqués.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Meloni est ciblée par ce type de manipulation. En 2024, elle avait poursuivi deux hommes en justice pour 100 000 euros après la publication de vidéos truquées d'elle sur un site pornographique américain.
La première ministre est loin d'être la seule personnalité publique à avoir dénoncé ce phénomène.

Scarlett Johansson avait déclaré dès 2018 que tenter de se protéger contre «la dépravation d'internet» était une «cause perdue», après que son visage avait été greffé sur des dizaines de vidéos pornographiques.
L'actrice Xochitl Gomez n'avait que 17 ans lorsque des vidéos explicites générées par IA à son effigie sont apparues en ligne.
La podcasteuse Bobbi Althoff et la chanteuse Taylor Swift ont également été victimes de ce type de contenus, une photo truquée de Swift ayant été vue 47 millions de fois sur X.
Aux États-Unis, le scandale autour des images de Taylor Swift a contribué à accélérer l'adoption de mesures législatives. En mai 2025, le président Donald Trump a promulgué la loi TAKE IT DOWN (Tools to Address Known Exploitation by Immobilizing Technological Deepfakes on Websites and Networks Act), établissant un cadre fédéral pour lutter contre les images intimes non consenties et les deepfakes générés par IA. Cette loi interdit la publication de contenus truqués impliquant des mineurs ou des adultes non consentants et oblige les sites web à mettre en place des procédures de retrait.
Le mois dernier, une première condamnation a été prononcée en vertu de cette législation. James Strahler II, 37 ans, originaire de Columbus dans l'Ohio, a plaidé coupable de cybercrimes impliquant des images réelles et générées par intelligence artificielle. Dans l'un des cas, il avait utilisé l'IA pour créer une vidéo montrant une victime adulte dans des actes sexuels avec son propre père.
Le geste de Giorgia Meloni illustre à quel point cette problématique dépasse les frontières et les statuts sociaux. Si une cheffe de gouvernement peut être ciblée et choisit de transformer cette attaque en message de prévention, c'est bien la preuve que personne n'est à l'abri dans un monde où la technologie rend la fabrication de fausses images toujours plus accessible.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Il travaille dans le domaine des communications depuis plus d'une dizaine d'années, en plus d'être passionné par tout ce qui concerne les actualités. Autant intéressé par les fluctuations de l'économie que par les histoires loufoques et insolites, sa curiosité fait en sorte qu'il ne s'ennuie jamais.
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