
La fille de Bill Gates accusée d'une fraude numérique passible de 20 ans de prison
Elle voulait réussir sans l'aide de ses parents, mais se retrouve désormais dans une situation extrêmement délicate...
Phoebe Gates, la fille de 23 ans du fondateur de Microsoft Bill Gates, se retrouve au centre d'un scandale retentissant.
Sa startup Phia, un assistant d'achat numérique personnel, est accusée de pratiques frauduleuses connues sous le nom de "cookie stuffing", une technique illicite qui peut être sanctionnée par une peine maximale de 20 ans de prison fédérale aux États-Unis.
Phia, cofondée par Gates avec Sophia Kianni, une ancienne camarade de Stanford, fonctionne comme une extension de navigateur qui recherche des codes de réduction pour les consommateurs lors de leurs achats en ligne.
Lorsqu'un utilisateur sélectionne un code promo proposé par Phia, le logiciel dépose un "cookie" permettant de prouver au détaillant que Phia a contribué à la vente, ce qui lui permet de toucher une commission. Le problème : des cookies étaient également déposés même lorsque les clients n'utilisaient pas le service, permettant ainsi à l'entreprise de s'attribuer indûment le mérite de ventes auxquelles elle n'avait pas participé.
Un stratagème connu depuis des mois par les fondatrices
En juillet dernier, lorsque les premières révélations ont éclaté, Phia avait réagi avec surprise, affirmant n'avoir découvert le problème que dans les dernières 24 heures et promettant de corriger ce qu'elle qualifiait de simple dysfonctionnement technique. Toutefois, selon des informations récentes s'appuyant sur des messages internes échangés sur la plateforme Slack, les deux jeunes entrepreneures étaient au courant de ces pratiques depuis au moins sept mois.
Un tableau de bord interne a révélé que ce que Phia avait initialement présenté comme un bug logiciel était en réalité une fonctionnalité baptisée "enable coupon auto drop", que l'entreprise pouvait activer et désactiver à sa guise.
Dans un message daté du 18 décembre, Phoebe Gates elle-même demandait à ses développeurs de s'assurer que Phia déposait un cookie à chaque apparition de l'extension dans le navigateur, même si l'utilisateur ne cliquait sur aucun coupon. Elle écrivait notamment être "inquiète que ce soit un problème généralisé" et souhaitait confirmer que le dépôt automatique de cookies était actif sur tous les sites partenaires.

De son côté, Sophia Kianni avait proposé une fonctionnalité encore plus agressive : déposer un cookie chaque fois qu'un utilisateur tentait simplement de fermer une fenêtre pop-up de Phia. Un collègue lui avait alors signalé que Google Chrome interdit aux extensions de déposer des cookies affiliés lors d'événements de fermeture.
Kianni avait accepté cette contrainte, tout en suggérant qu'ils pourraient prétendre que l'utilisateur essayait d'ouvrir l'application et revenir en arrière uniquement en cas de plainte. Un porte-parole de Phia a toutefois affirmé que cette fonctionnalité n'avait jamais été mise en œuvre.
Des conséquences financières et juridiques potentiellement dévastatrices
L'ampleur de la fraude présumée est considérable. En juin, le "cookie stuffing" représentait environ 51 % de la valeur des marchandises dont Phia s'attribuait le mérite des ventes. Après la désactivation des fonctionnalités litigieuses en juillet, le chiffre d'affaires quotidien moyen de l'entreprise a chuté d'environ 80 000 dollars à une fourchette comprise entre 10 000 et 28 000 dollars. Un porte-parole de Phia a néanmoins nuancé ces chiffres, expliquant qu'une partie de cette baisse était due à la suspension de la plupart des efforts de monétisation de l'entreprise à cette période, et non uniquement à l'arrêt du "cookie stuffing".

La pratique frauduleuse touchait les ventes réalisées chez plusieurs grands détaillants, notamment Nike, Gap et Nordstrom. Impact.com, l'un des réseaux d'affiliation de Phia, a déjà suspendu la startup et réaffecté les commissions qui lui étaient destinées. L'entreprise pourrait devoir procéder à des remboursements supplémentaires, puisque la pratique était en place de décembre à juillet, soit une période bien plus longue que ce qui avait été initialement admis.
Sur le plan juridique, l'avocate Ariel Givner, fondatrice du cabinet Givner Law, a averti que le "cookie stuffing" est généralement traité comme une fraude électronique fédérale devant les tribunaux américains, passible d'une peine maximale de 20 ans d'emprisonnement, assortie d'amendes et d'obligations de restitution.

Phia, qui avait levé 30 millions de dollars en 2025 auprès d'investisseurs prestigieux comme Hailey Bieber, Kris Jenner et la fondatrice de Spanx Sara Blakely, a déclaré avoir supprimé toutes les fonctionnalités problématiques dès le 7 juillet. L'entreprise affirme examiner chaque transaction, avoir entamé les remboursements auprès de ses partenaires commerciaux et recruter un responsable de la conformité pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent.
Pour Phoebe Gates, qui avait exprimé le souhait de réussir sans l'aide de ses parents milliardaires en affirmant avoir "un tel désir de faire ses preuves", ce scandale représente un revers majeur dont les répercussions juridiques et réputationnelles restent encore à mesurer.
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