
Une annonce importante qui fait beaucoup réagir...
La Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne fera en sorte que chaque Québécois sera désormais affilié à un centre local de services communautaires (CLSC) de son territoire.
C'est vendredi matin que la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a annoncé la Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne.
Selon ce qu'a indiqué la ministre, la nouvelle politique fera en sorte que chaque désormais affilié à un CLSC de son territoire afin d’avoir une prise en charge près de son domicile: «Pour concrétiser notre vision d’une première ligne proche de la communauté, nous allons faire en sorte que les CLSC puissent redevenir une porte d’entrée physique pour l’accès en première ligne pour toutes les personnes qui en auront besoin.»
Bien que la ministre soit restée très prudente quant aux changements concrets que cette mesure apportera dans l’accès aux soins dans les CSLC, il semble que ceux-ci prioriseront désormais les problèmes psychosociaux.
La ministre Sonia Bélanger a précisé: «Les GMF vont être là pour faire de la prise en charge, du rendez-vous et du sans-rendez-vous. Les CLSC, on est dans autre chose. De façon générale, un CLSC est un centre local de services communautaires. Ne l’oublions pas. Ce n’est pas une clinique d’urgence. Un CLSC, c’est vraiment là pour l’organisation des services de santé primaire, santé mentale, soutien à domicile, jeunesse, santé maternelle, infantile, etc.»
Le premier ministre François Legault a déclaré pour sa part que «Les CLSC devraient être la porte d’entrée de la première ligne et ça n’empêche pas aussi d’avoir des GMF».
Alors que les CLSC sont boudés par plusieurs médecins, la ministre de la Santé s'est portée à leur défense en faisant remarquer que lorsqu'il est question «de ruralité, c’est possible qu’il y ait des médecins, parce qu’ils n’ont pas de GMF, qui vont s’installer au CLSC et on va saluer cela. En milieu urbain, ça peut être différent».
Le Dr Marc-André Amyot, qui est président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), a déclaré lors d'une mêlée de presse que «Dans les systèmes de santé qui fonctionnent le mieux dans le monde, on parle de gouvernance de proximité. On a l’air de vouloir aller dans ce sens-là, fédérer tous les acteurs communautaires, médicaux, pharmaciens, IPS, toutes les cliniques ensemble, de déterminer les bons soins en fonction des lieux».
En ce qui concerne le Regroupement provincial des comités des usagers du Québec (RPCU), ce dernier a précisé dans un communiqué que, même si l'intention du gouvernement semble vraiment bonne, l'échéancier qu'il vise n'est pas approprié: «Les usagers du réseau ne peuvent pas se permettre d’attendre une décennie complète avant d’en voir les effets concrets. »
Pour ce qui est de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), cette dernière dit voir d'un bon oeil l’intention de confier au CLSC un rôle central dans l’accueil, l’orientation et la coordination des services.
La présidente de la FIQ, Julie Bouchard, a toutefois dit se questionner par rapport aux stratégies qui seront employées par le gouvernement afin d'arriver à de tels résultats: «Les CLSC ne doivent pas simplement devenir un nouveau guichet. Si on ne fait que référer les patients à des GMF ou les rediriger vers des autosoins, on perd l’essentiel de cette nouvelle vision.»
La nouvelle politique est très bien accueillie du côté de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). Le président de l'OIIQ, Luc Mathieu, n'a pas caché son enthousiasme en déclarant: «Si on nous avait demandé d’écrire une politique sur les soins et services de première ligne, on aurait peine à faire mieux ! Bien sûr, nous avons encore beaucoup de questions quant à l’opérationnalisation de cette vision audacieuse, mais à ce stade-ci, il importe d’abord de reconnaître la richesse des orientations énoncées.»
Parmi les autres annonces importantes de la ministre en lien avec la Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne, soulignons que le gouvernement dit vouloir ajouter une centaine de «portes d’entrée intégrées» pour un total de 205 dans toutes les régions du Québec.
De plus, huit nouvelles cliniques IPS devraient ouvrir leurs portes dans les régions du Bas-Saint-Laurent, des Laurentides, de la Gaspésie, de la Montérégie-Ouest, de Lanaudière, de Bellechasse-Sud, ainsi qu’en Estrie et à Montréal.
Le gouvernement vise que 26 cliniques IPS soient disponibles au Québec d'ici 2030.
Enfin, la ministre de la Santé a assuré que davantage de Québécois et de Québécoises pourront bientôt profiter de la plateforme Votre santé: «Nous sommes bien au fait que certains citoyens préfèrent utiliser des portes d’entrée numériques ou téléphoniques. C’est pourquoi j’annonce que nous allons déployer Votre santé qui est déjà lancée dans deux régions et qui deviendra bientôt la seule porte d’entrée numérique conviviale et efficace pour l’ensemble du Québec. Votre santé est une plateforme qui réunit l’ensemble des services en ligne, notamment le Carnet santé, Clic santé et Rendez-vous santé ainsi qu’un outil technologique pour les autosoins.»
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