
La facture est vraiment salée..
La transformation des espaces de travail dans la fonction publique québécoise prend une tournure inattendue. Pour pallier les problèmes de confidentialité causés par les bureaux à aire ouverte, le gouvernement du Québec a dû investir pas moins de 1,6 million de dollars dans l'achat d'environ 132 cabines insonorisées. Ces petites capsules, parfois très étroites, permettent aux employés de l'État de passer des appels confidentiels, une nécessité devenue criante depuis que les fonctionnaires sont tenus de se présenter au bureau trois jours par semaine.
Le gouvernement caquiste, confronté à des finances publiques difficiles, avait saisi l'occasion offerte par le télétravail généralisé durant la pandémie de COVID-19 pour lancer un vaste plan de réduction de ses surfaces de bureaux. L'objectif est ambitieux : retrancher 250 000 mètres carrés de son parc immobilier, soit l'équivalent de quatre fois le Complexe G, afin de réaliser d'importantes économies de loyer.
Cette réorganisation a signifié la fin des bureaux individuels où chaque employé pouvait personnaliser son espace avec des photos de famille ou y laisser ses effets personnels.
Les traditionnels cubicules cloisonnés par des paravents beiges ont cédé la place à des espaces de travail partagés et dépersonnalisés, mais cette configuration pose toutefois un défi de taille : comment assurer le calme et la discrétion nécessaires au travail, particulièrement lorsque les effectifs sont de retour en présentiel de manière plus régulière? Chaque cabine insonorisée représente un coût d'environ dix mille dollars, auquel s'ajoutent les frais d'installation.
Du côté syndical, l'achat de ces cabines est perçu comme le symptôme d'un environnement de travail mal pensé.
Guillaume Bouvrette, président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), estime que cette mesure est loin de constituer une réponse adéquate aux besoins réels des travailleurs. Il souligne que les fonctionnaires desservent souvent une clientèle vulnérable et que devoir rassembler son matériel informatique pour aller s'enfermer dans une capsule exiguë n'est ni pratique ni efficace au quotidien.
Le président du SPGQ regrette surtout que les employés sur le terrain n'aient pas été consultés avant la mise en place de cette solution. Selon les retours qu'il reçoit, les travailleurs n'ont pas envie d'utiliser ces cabines, les jugeant mal adaptées à leurs réalités professionnelles.
Pour Guillaume Bouvrette, une politique de télétravail uniforme appliquée à l'ensemble de la fonction publique n'est pas la bonne approche. Il plaide plutôt pour une prise de décision décentralisée, qui tiendrait compte de la nature spécifique des tâches, des réalités régionales et des missions variées des différents ministères.
Soulignons enfin que la situation est d'autant plus complexe que la politique de régionalisation des emplois entre en contradiction avec l'obligation de présence au bureau, puisque certains fonctionnaires qui avaient accepté de s'établir en région se retrouvent désormais contraints de parcourir de longues distances en voiture, uniquement pour se connecter à des réunions virtuelles sur Teams une fois arrivés sur place.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Il travaille dans le domaine des communications depuis plus d'une dizaine d'années, en plus d'être passionné par tout ce qui concerne les actualités. Autant intéressé par les fluctuations de l'économie que par les histoires loufoques et insolites, sa curiosité fait en sorte qu'il ne s'ennuie jamais.
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