
« Une journée merveilleuse et brillante pour le monde. »
Téhéran a annoncé vendredi la réouverture complète du détroit d'Ormuz au trafic maritime commercial, une décision directement liée à l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Liban.
C'est sur le réseau X que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé que le passage serait maintenu ouvert pour toute la durée restante de la trêve négociée avec Washington.
Cette annonce intervient alors que la conclusion d'un accord au Liban constituait l'une des exigences posées par l'Iran pour débloquer cette voie maritime stratégique.
Donald Trump a réagi positivement à cette déclaration sur Truth Social, tout en précisant que le blocus naval imposé par les États-Unis sur les ports iraniens resterait en place tant que les négociations avec Téhéran ne seraient pas achevées. Ce blocus avait été instauré la semaine précédente, après l'échec des pourparlers d'Islamabad sur le programme nucléaire iranien.
Le président américain s'est toutefois montré optimiste, estimant que la plupart des points de désaccord avaient déjà été réglés et que les discussions devraient aboutir rapidement. Il reste cinq jours à la trêve initiale de deux semaines conclue entre Washington et Téhéran.
Dans une série de publications, Trump a également indiqué que les États-Unis interdisaient désormais à Israël de mener des bombardements au Liban, a reproché à l'OTAN son inaction durant la crise, et a affirmé que l'Iran procédait au retrait de ses mines maritimes avec l'assistance américaine. Selon lui, Téhéran se serait aussi engagé à ne plus jamais bloquer le détroit d'Ormuz.
La nouvelle a immédiatement provoqué un effondrement des cours pétroliers. Vers 11 h 50 à New York, le baril de Brent reculait de plus de 10 % pour s'établir à 89,32 dollars, tandis que le WTI américain perdait près de 12 %, tombant à 83,58 dollars.
Les marchés boursiers ont quant à eux bondi : le Dow Jones progressait de 2 %, le S&P 500 de 1,27 % et le Nasdaq de 1,55 %. En Europe, Paris a clôturé en hausse de près de 2 %, Francfort de 2,27 % et Milan de 1,75 %.
Selon l'analyste Kathleen Brooks de XTB, il s'agissait de la première bonne nouvelle depuis le début du conflit.

Avant même cette annonce, l'Association internationale du transport aérien avait appelé les régulateurs à se coordonner en prévision d'un éventuel rationnement du kérosène, notamment en Europe. Au Canada, Air Canada avait déjà suspendu ses liaisons vers l'aéroport JFK de New York en raison de la flambée des prix du carburant.
Sur le plan diplomatique, une trentaine de chefs d'État, dont le premier ministre canadien Mark Carney, se sont réunis en visioconférence lors d'un sommet des non-belligérants coprésidé par la France et le Royaume-Uni. Les participants ont exigé la réouverture inconditionnelle et totale du détroit par toutes les parties.
Emmanuel Macron a défendu le projet de mission militaire de sécurisation, estimant qu'elle permettrait de consolider ces engagements sur le long terme. De son côté, Mark Carney a affirmé la disponibilité du Canada à prendre des mesures supplémentaires pour garantir la sécurité de la navigation, par la voie diplomatique et par le soutien aux équipages.
Malgré l'entrée en vigueur de la trêve de dix jours à minuit heure locale, la situation sur le terrain demeure extrêmement tendue. L'armée libanaise a rapidement dénoncé plusieurs violations israéliennes dans le sud du pays, faisant état de bombardements sporadiques touchant différents villages. Tsahal a pour sa part confirmé le maintien de son déploiement terrestre dans la région et demandé aux civils de ne pas franchir la rive sud du fleuve Litani.
Ces avertissements n'ont pas empêché des milliers de déplacés de tenter de regagner leurs foyers. Des embouteillages considérables se sont formés au nord du Litani, les habitants patientant des heures pour traverser le dernier pont encore praticable, gravement endommagé par les bombardements.
Dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah particulièrement touché ces dernières semaines, des scènes de liesse ont été observées, certains résidents brandissant le drapeau jaune du mouvement ou des portraits de son ancien chef Hassan Nasrallah, éliminé par Israël en 2024.
Le Hezbollah a revendiqué une frappe contre un regroupement de soldats israéliens près de Khiam, dans le sud-est du pays, en représailles aux violations présumées du cessez-le-feu. Le mouvement a prévenu que ses combattants gardaient «le doigt sur la gâchette». Les combats avaient d'ailleurs fait rage jusqu'aux dernières minutes avant la trêve : le ministère libanais de la Santé avait rapporté 7 morts et 33 blessés dans une frappe sur le sud du pays, tandis qu'au moins 13 personnes avaient péri à Tyr. L'armée israélienne a indiqué avoir frappé 380 cibles du Hezbollah au cours des 24 heures précédant le cessez-le-feu.
Le conflit, qui dure depuis un mois et demi, a déjà coûté la vie à plus de 2 000 personnes au Liban selon les autorités locales, et provoqué le déplacement d'un million d'habitants, soit un cinquième de la population du pays d'après les Nations unies.
Le premier ministre libanais Nawaf Salam a salué l'accord, tout comme Benyamin Nétanyahou, qui l'a qualifié de «chance de paix historique» tout en maintenant son exigence d'un désarmement du Hezbollah.
Donald Trump a quant à lui indiqué travailler à l'organisation d'une rencontre inédite à la Maison-Blanche entre le président libanais Joseph Aoun et le premier ministre israélien, un événement qui pourrait marquer un tournant dans les relations entre les deux pays.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Il travaille dans le domaine des communications depuis plus d'une dizaine d'années, en plus d'être passionné par tout ce qui concerne les actualités. Autant intéressé par les fluctuations de l'économie que par les histoires loufoques et insolites, sa curiosité fait en sorte qu'il ne s'ennuie jamais.
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