
Le patron d'Air Canada n'est pas sorti du bois...
Le Commissariat aux langues officielles a décidé d'ouvrir une enquête concernant le président-directeur général d'Air Canada, Michael Rousseau, à la suite d'un message de condoléances diffusé quasi exclusivement en anglais après le tragique accident d'avion survenu à l'aéroport LaGuardia de New York en mars dernier.
Selon les informations obtenues par Radio-Canada, plus de 2400 plaintes ont été déposées contre le transporteur aérien dans cette affaire, un volume qui témoigne de l'ampleur de l'indignation suscitée par cet épisode linguistique.
Le 23 mars 2026, Michael Rousseau a publié une vidéo dans laquelle il adressait ses condoléances aux familles des deux pilotes décédés lors de l'accident de LaGuardia. Le problème : le message était prononcé presque intégralement en anglais, avec à peine deux mots formulés en français. Cette situation a rapidement provoqué un tollé au sein de la communauté francophone canadienne.
Dans une lettre adressée à l'un des plaignants, dont Radio-Canada a pu prendre connaissance, le Commissariat confirme l'ouverture d'une enquête officielle. Les plaignants reprochent au dirigeant d'Air Canada de ne pas avoir respecté les obligations linguistiques de l'entreprise, en particulier dans un contexte aussi sensible qu'une situation d'urgence.
Plusieurs d'entre eux estiment que le transporteur national ne fait pas suffisamment pour favoriser la reconnaissance et l'utilisation du français au sein de la société canadienne, notamment lorsqu'il s'agit des communications émanant de la haute direction.
Le grand patron d'Air Canada avait initialement été convoqué devant le Comité permanent des langues officielles à Ottawa afin de répondre de ses actes, mais cette convocation a été annulée après l'annonce de son départ à la retraite, prévu au plus tard le 30 septembre 2026.
Le Commissariat aux langues officielles a précisé que son enquête sera menée dans le respect de l'esprit de la Loi sur les langues officielles. Au terme de cette démarche, un rapport pourrait être publié, assorti de recommandations, d'ordonnances ou d'autres mesures prévues par le cadre législatif en vigueur.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour du respect du français au sein des grandes entreprises fédérales canadiennes. Le fait que le PDG d'un transporteur aérien national, soumis à la Loi sur les langues officielles, ait choisi de s'exprimer presque uniquement en anglais dans un moment aussi grave soulève des questions fondamentales sur la place du français dans les communications institutionnelles au Canada.
Soulignons enfin que l'issue de cette enquête pourrait établir un précédent important quant aux attentes linguistiques imposées aux dirigeants des sociétés sous juridiction fédérale.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Il travaille dans le domaine des communications depuis plus d'une dizaine d'années, en plus d'être passionné par tout ce qui concerne les actualités. Autant intéressé par les fluctuations de l'économie que par les histoires loufoques et insolites, sa curiosité fait en sorte qu'il ne s'ennuie jamais.
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